« Vous n’avez jamais pensé au syndrome d’Asperger ? »

« Vous n’avez jamais pensé au syndrome d’Asperger ? » Cette question m’a été posée, il y a presque 4 ans par le psychiatre, psychothérapeute qui me suivait depuis 6 ans.

J’ai commencé à être psychiatrisé.e de grès ou de force à l’âge de 12 ans, je raconterai  longuement cette « prise en charge » maltraitante et ses raisons un peu plus tard. A 17 ans, lors de ma dernière hospitalisation en pédo-psychiatrie, on m’a déclaré.e borderline ou état limite ou encore souffrant d’un Trouble de la personnalité limite (tout ce jargon veut dire la même chose) Arrivé.e à l’âge adulte, j’ai fuis tout ce qui ressemblait de près ou loin à un.e psy et j’ai continué à souffrir dans mon coin sans aide et en ne me reconnaissant que très très vaguement dans ce diagnostic. Mais bon, je savais depuis l’enfance que quelque chose n’allait pas chez moi, quelque chose de plus profond, plus structurel qu’une dépression ou un syndrome de stress post traumatique, quelque chose qui me faisait me demander régulièrement ce que je faisais sur cette planète tellement bizarre et douloureuse, entouré.e de gens dont je ne comprenais qu’une très vague partie de leur fonctionnement. Alors bon, ayant épluché le DSM IIIR puis le DSM IV et n’ayant rien trouvé de mieux, j’avais fini par me dire que j’étais une borderline bizarre, un peu à la marge mais que si après avoir vu tant et tant de psys entre 12 et 18 ans, aucun n’avait trouvé mieux, c’est qu’iels devaient avoir raison.

Je n’allais pas bien pour autant, loin de là. Surmontant ma peur des psys, je me décidais à en consulter, racontant encore et encore les mêmes choses, en retirant parfois un peu de réconfort mais guère plus.

Ma vie a pris un tournant vers mes 28 ans. Autant les études avaient été un bonheur sans fin où j’arrivais à dissimuler mes bizarreries par mon isolement, tout en nourrissant ma soif d’apprendre, autant l’entrée dans le monde du travail fut d’une violence incroyable, me projetant dans un univers où je ne comprenais rien. En moins de 3 ans, j’étais arrêté-e pour burn-out.

Peu de temps après, j’ai subi un viol ( #METOO ), ce qui acheva mon couple qui allait déjà très mal. Je décidais alors de partir de Paris pour retrouver ma Provence adorée. Je survivais comme je pouvais mais j’avais accumulé trop de souffrances et trop de drames pour ne pas que ça explose. Et je me retrouvais à 29 ans à nouveau en hôpital psy (HP) Je ne rentrerai pas aujourd’hui dans les détails de l’hospitalisation, ce n’est pas le sujet mais c’est à ce moment que je commençais mon suivi avec le psy qui me posa un jour cette question « Vous n’avez jamais pensé au syndrome d’Asperger ? »

J’ai dû ouvrir les yeux comme des soucoupes, le regarder comme un fou et dire un truc du genre « Quoi, moi autiste ? » (j’ai appris par la suite qu’il avait essayé de m’orienter implicitement plusieurs fois, mais en bon.ne autiste, je ne comprends pas l’implicite !) J’ai passé la nuit suivante sur internet et j’ai découvert ma vie (vous trouverez dans les liens les sites qui m’ont donné l’impression d’avoir été écrits pour moi) La semaine suivante, je racontais ça à mon psy et je lui dis « Je fais quoi maintenant ? » Il me fallait un diagnostic, un vrai posé par des spécialistes. Il avait prévu ma réaction et préparé les coordonnées d’un des grands spécialistes français de la question qui consulte dans la ville où j’habite (parfois j’ai de la chance, c’est rare mais ça arrive !) Je lui ai demandé comment il en était arrivé à penser à ça. Pour lui au bout de 6 ans de suivi, le diagnostic de départ n’était pas le bon, il avait donc cherché, s’était renseigné auprès de confrères et il était arrivé à ça.

Le processus diagnostic a été relativement court pour un.e adulte (là encore j’ai eu de la chance) et quand le professeur G. m’a envoyé mon rapport diagnostic, il m’a rendu mon identité. Ce diagnostic sera après confirmé par le CRA dont je dépends.

« Vous n’avez jamais pensé au syndrome d’Asperger ? » Non jamais, mais cette phrase m’a rendu ma vie.

Merci Docteur H, merci professeur G.

2 commentaires sur “« Vous n’avez jamais pensé au syndrome d’Asperger ? »

  1. Je viens de lire tes post. Je vois un psychiatre qui menvoi vers un centre expert sur Paris (2h de chez moi) pour un diag asperger. Et en nov 2015 on nous diag un sedh pour mon fils et moi. En oct 2017 dans un centre de réf on réfute le sedh. Et en déc 2017 à necker on ne dit que l’on a une atteinte des tissus conjonctifs, maladie cousine du sedh sans atteinte severe de la peau . Je me reconnais dans ton témoignage.

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    1. Tu es un bon exemple de l’intérêt de nouveaux critères diagnostics décidés internationalement en 2017 à New York, réussir à vraiment faire la différence en un SED et une pathologie voisine. Les centres de référence ou de compétence sont importants pour ça.
      Je te souhaite beaucoup de courage pour le processus diagnostic. Puis-je savoir vers quel centre expert ton psy t’envoie ?

      Merci en tout cas pour ton message.

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