Sortie de crise pour un.e autiste

Dans le SED, l’enfer n’est pas une condamnation définitive, on y rentre et on en sort, ce matin, je sors d’environ (environ parce que le temps se déforme dans ces cas là) 2 jours en enfer, 2 jours de crise intense provoquée par mon protocole de kétamine au centre anti-douleur.

2 jours où la douleur m’a paralysé.e, le moindre geste provoquant le déplacement de la lave sous ma peau, l’émiettement intérieur de mes articulations, 2 jours où selon les (très rares) témoins on ne reconnait pas mon visage. Je ne vais pas rentrer dans les détails intimes mais quand vous savez que j’attendais les passages de ma mère pour aller aux toilettes (coucou la MDPH j’attends toujours…), je vous laisse imaginer le reste.

Contrairement aux crises qui se déclenchent sans raison, je savais que celle-ci avait une cause identifiable et que normalement aujourd’hui je commencerais à aller mieux. Elle était donc plus facile à supporter émotionnellement. Et oui, je commence à aller mieux. Oh je ne saute pas en l’air, j’ai encore mal partout mais c’est supportable. Je pourrais comparer mes douleurs à celles que l’on ressent après un tonneau en voiture, je pense.

Mais les crises ont une double face. Pour survivre, pour ne pas hurler, pour ne pas me taper la tête contre les murs, je consomme toute mon énergie psychique. Durant une crise, je n’ai aucune seconde de repos sensoriel, je suis en saturation permanente. Et là, je suis un.e autiste en miettes qui a envie de se mettre en boule dans un coin au noir et de ne plus bouger. Tout est fort, trop lumineux, trop bruyant, tout est trop.

S’occuper du.de la sédiste sans oublier l’autisteJe n’ai toujours pas de réponse et je sens que le shutdown n’est pas loin.

 

[Image issue des Folies passagères ]

3 commentaires sur “Sortie de crise pour un.e autiste

  1. C’est pourquoi – sachant tout celà – j’étais sciée quand je t’ai vue arriver au volant de ta voiture. Outre la douleur tu as affronté la lumière le bruit les autres après 2 journées enfermée prisonnière de ce cocon de malheur .
    Je ne sais pas d où tu soeurs cette force cette volonté ma fille .

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  2. Je n’avais jamais consciemment pensé à mon intolérance à la maladie / aux douleurs physiques en termes de surcharge, c’est vraiment juste. Évidemment je ne peux pas m’imaginer une situation comme la tienne, mais je te remercie pour le travail de communication et sensibilisation que tu fais, en espérant que ça t’aide aussi un peu d’en parler. J’espère que tu recevras vite l’aide dont tu as besoin et que tu pourras trouver petit à petit comment faire cohabiter l’autiste et lae sédiste le mieux possible.

    La peur de dire des conneries quand on ne vit pas la même chose, mais chacun de tes articles m’impressionne tellement (j’aurais voulu écrire « m’imprime », impressionner comme on fait une impression sur papier, tu vois) que j’avais envie de laisser un mot en retour.

    Aimé par 1 personne

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