Autiste, sédiste et agenre: un coming out !

On me demande des explications sur mon écriture depuis un moment, il est donc temps de vous les donner !

Premier point, j’utilise au maximum l’écriture inclusive, c’est à dire que je ne genre pas les noms si je ne connais pas précisément le genre des personnes dont je parle. Le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! D’où des mots comme « iel ou iels », « quelqu’un.e », « docteur.e », etc. etc. Sur l’écriture inclusive et ses liens avec le féminisme, internet regorge de ressources.

Second point, je ne genre pas non plus quand je parle de moi-même. Par exemple, je vais écrire « Je me sens fatigué.e », « j’ai été ingénieur.e ». Pourquoi donc ? Parce que je suis agenre, (j’utilise aussi souvent le mot queer même si sa définition est plus large parce que se revendiquer queer n’est pas qu’une question de genre, c’est aussi un engagement politique et idéologique)

Etre agenre n’a pas de lien avec le sexe biologique, l’orientation sexuelle ou même l’expression de genre que l’on renvoie aux autres (ou que les autres projettent sur nous…)

Genderbread-Person-3.3
Un joli schéma pour illustrer la diversité humaine

Etre agenre, c’est dans son identité de genre ne se sentir ni réellement de genre feminin, ni réellement de genre masculin et même avoir du mal à ressentir la notion de genre et la binarité en général.
Je ne suis ni un.e trans refoulé.e, ni une femme qui refuse son identité de genre de naissance, je ne suis pas non plus un mélange du genre homme et du genre femme, je me vis en dehors des genres.

Je reconnais que ce sont des notions compliquées à manier quand on n’en a pas l’habitude mais la diversité humaine est infinie et nous avons aujourd’hui la chance de pouvoir nous vivre pleinement selon nos identités profondes même si les combats pour l’égalité des droits sont loin d’être terminés et que jugements, moqueries et harcèlements ont encore malheureusement la vie longue tant que tout.es ne seront pas éduqué.es à la tolérance face à la différence.

Je pourrais continuer pendant des heures mais je pense avoir dit l’essentiel, je ne suis pas un.e théoricien.ne du genre.
Je rajouterai juste que les identités de genre particulières sont fréquentes parmi les membres du spectre autistique et ce domaine de recherche me passionne même si les écrits sont encore peu nombreux.

Je suis ouvert.e à toutes les questions (respectueuses), je répondrai avec un grand plaisir.

 

Continuez à prendre soin de vous, à m’écrire si vous en avez envie, je vous envoie un peu de la force que je récupère dans mes montagnes. 

 

[Créations de Alyce Wood que vous pouvez découvrir ici ]

5 commentaires sur “Autiste, sédiste et agenre: un coming out !

  1. Selon toi, ce non-sentiment du genre et de la binarité est lié à l’autisme ? Je ne suis pas non plus ni trans, ni non-binaire, je me genre au féminin à l’écrit par habitude, et mon apparence varie selon mes besoins sensoriels (je choisis des robes et garde mes cheveux longs par confort et non par quelconque recherche d’identification à un genre), la distinction de genre ne m’intéresse vraiment pas dans mon cas, je le considère comme une donnée non-pertinente à part pour comprendre mon vécu social (discrimination, éducation, vécu en commun avec d’autres personnes identifiées de l’extérieur comme femmes, etc.).
    J’avais aimé découvrir le concept de « neurogenre » (conception du genre en rapport avec sa neuroatypie).

    Autre question, est-ce que ce vivre en dehors des genres s’étend aussi à ta perception des personnes autour de toi ? est-ce que tu as tendance à classer les gens dans ta tête, ou aborder les personnes, d’abord en fonction d’autres choses que le genre ? (parce que dans notre monde, les catégories premières sont certainement le genre, et l’âge je pense).

    Bravo encore pour ton blog et tes articles 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Alors justement c’est une question que je me pose !
      Statistiquement on trouve plus de non-binaires ou simplement de personnes qui ne s’identifient pas au genre chez les autistes que chez les allistes. Mais est-ce dû à l’autisme ou est-ce que ça fait partie du gros package qui fait que nous nous identifions mal (voire pas du tout) aux autres humains, je ne sais pas. Je pense qu’il y aurait des supers recherches de psycho sociales ou d’études de genre à mener sur le sujet. Un.e jeune chercheur.e intéressé.e ? 😉

      Le(s) neurogenre(s)… terrain glissant qui mériterait certainement un billet à lui tout seul mais ça ne me parle pas spécifiquement pour moi même.

      Effectivement, le genre n’est pas une donnée prioritaire pour « classer » les personnes que je connais ou que je rencontre sauf les hommes-cis, blancs, NT, valides, CSP+, bref les concentrés de privilèges sur pattes ^^

      Merci pour tes compliments et tes commentaires 😀

      J'aime

      1. Oui des recherches supers intéressantes seraient à mener là-dessus mais le problème est avec quel biais on pose la question. Pour l’instant c’est juste un peu étudié mais sous l’angle de la pathologie. En tant que davantage sociologue que neurologue j’ai l’impression qu’il s’agit plutôt d’une plus grande résistance aux normes sociales, et qu’au final cette diversité d’identifications ou non à un/des genre(s) se retrouverait pareillement chez la population alliste… mais je n’en sais rien, peut-être est-ce dû à autre chose.

        Peu importe la « cause », de toutes façons, ce qu’il faut c’est respecter chacun.e dans son être propre et en parler pour informer ! 🙂

        Aimé par 1 personne

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