Autiste, sédiste et agenre: un coming out !

On me demande des explications sur mon écriture depuis un moment, il est donc temps de vous les donner !

Premier point, j’utilise au maximum l’écriture inclusive, c’est à dire que je ne genre pas les noms si je ne connais pas précisément le genre des personnes dont je parle. Le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! D’où des mots comme « iel ou iels », « quelqu’un.e », « docteur.e », etc. etc. Sur l’écriture inclusive et ses liens avec le féminisme, internet regorge de ressources.

Second point, je ne genre pas non plus quand je parle de moi-même. Par exemple, je vais écrire « Je me sens fatigué.e », « j’ai été ingénieur.e ». Pourquoi donc ? Parce que je suis agenre, (j’utilise aussi souvent le mot queer même si sa définition est plus large parce que se revendiquer queer n’est pas qu’une question de genre, c’est aussi un engagement politique et idéologique)

Etre agenre n’a pas de lien avec le sexe biologique, l’orientation sexuelle ou même l’expression de genre que l’on renvoie aux autres (ou que les autres projettent sur nous…)

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Un joli schéma pour illustrer la diversité humaine

Etre agenre, c’est dans son identité de genre ne se sentir ni réellement de genre feminin, ni réellement de genre masculin et même avoir du mal à ressentir la notion de genre et la binarité en général.
Je ne suis ni un.e trans refoulé.e, ni une femme qui refuse son identité de genre de naissance, je ne suis pas non plus un mélange du genre homme et du genre femme, je me vis en dehors des genres.

Je reconnais que ce sont des notions compliquées à manier quand on n’en a pas l’habitude mais la diversité humaine est infinie et nous avons aujourd’hui la chance de pouvoir nous vivre pleinement selon nos identités profondes même si les combats pour l’égalité des droits sont loin d’être terminés et que jugements, moqueries et harcèlements ont encore malheureusement la vie longue tant que tout.es ne seront pas éduqué.es à la tolérance face à la différence.

Je pourrais continuer pendant des heures mais je pense avoir dit l’essentiel, je ne suis pas un.e théoricien.ne du genre.
Je rajouterai juste que les identités de genre particulières sont fréquentes parmi les membres du spectre autistique et ce domaine de recherche me passionne même si les écrits sont encore peu nombreux.

Je suis ouvert.e à toutes les questions (respectueuses), je répondrai avec un grand plaisir.

 

Continuez à prendre soin de vous, à m’écrire si vous en avez envie, je vous envoie un peu de la force que je récupère dans mes montagnes. 

 

[Créations de Alyce Wood que vous pouvez découvrir ici ]

Pride et événements militants non accessibles : à quand une vraie inclusion ?

Contexte : je suis autiste et sédiste ça vous l’aviez compris ! Mais aussi de sexe féminin (avec toutes les violences allant avec), de genre neutre (j’y reviendrai promis dans un article dédié), militant-e antifa, antiraciste et ex membre d’un parti politique.

Je ne fais plus de manifs, de pride, de rassemblements depuis longtemps. C’est devenu physiquement impossible. Piétiner pendant des heures, marcher sur un parcours long au milieu de la foule, subir des contacts physiques non désirés, supporter les regards remplis de pitié, tout cela était tout simplement devenu impossible.

Cette année, l’asso Handi-Queer a mis au point un truc absolument génial ! Un char pour toutes les personnes handi-es (physiques, neuroatypiques, psychoatypiques tout le monde était le bienvenu)  En gros, iels ont réalisé mon rêve depuis toujours !
Mais c’était à la Pride de Paris… J’ai contacté Pride Marseille pour proposer un projet similaire, j’ai eu une réponse cordiale mais qui avait des allures de fin de non-recevoir, ce qui s’est révélé exact :/

J’en ai vraiment ras le bol des événements militants non accessibles bien au-delà de la Pride même si j’ai pris cet exemple tellement il est caricatural ! Mais j’ai bien pire en exemple caricatural : la création d’un lieu de vacances, de repos, d’investissement associatif pour les personnes neuroatypiques créé il y a quelques semaines dans un lieu non accessible 😕
Allo les militant.es en tout genre, il faudrait vraiment commencer à réfléchir à inclure les handi.es en fait !

J’ai connu une période où je pouvais encore me passer de mes aides à la mobilité mais ce n’est plus le cas, je suis donc victime d’un validisme crasse de la part de celleux qui prétendent vouloir agir pour le bien général.

On n’a pas le droit pas se passer de nous en fait.
On n’est pas juste handi.es , on est aussi parfois des femmes, des racisé.es, des personnes LGBTQ ou précaires, etc. et c’est nécessaire d’être inclus.es sans avoir à pester et réclamer avec colère. Notre voix de citoyen-nes compte autant que celles des autres et nos conditions de vies (je rappelle que l’AAH – allocation adulte handicapé – est très en dessous du seuil de pauvreté) font que nous sommes concerné.es au 1er chef par les mouvements sociaux.

La plupart des événements ne sont pas accessibles, que soit pour les PMR ou parce qu’il n’y a pas d’interprète LSF ou d’audiodescription.

La question de l’accessibilité doit se prévoir à chaque organisation d’événements, et bien sûr, il faut que ce soit les handi.es qui y pensent et qui le réclament… #GrosseFatigue

 

[Visuel réalisé par Margot de Vivre Avec sans qui je ne sais pas comment j’aurais géré l’après diag, je lui voue une reconnaissance infinie ❤ ]